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Algérie: Connaissez-vous l’Académie du FC Paradou ?

12/05/2016 | | Press Article |

Ces gamins viennent de toute l’Algérie, ils ont étés choisis parmi 20 000 autres petits garçons, c’est dire que ce sont vraiment les meilleurs qui ont étés sélectionnés.Une anecdote révélatrice, lorsque les protégés de Olivier Guillou ont affronté ceux du Mouloudia d’Alger, le public s’est mis à scander ironiquement devant la déroute des jeunes du doyen,  »makach el ma3rifa » qui signifie « il n’y a pas de piston ».

C’est un pur régal que de voir ces enfants hauts comme trois pommes pratiquer du beau jeu fait de passes et de décalages, faire tourner le ballon et leurs adversaires en bourrique, pour l’amour du jeu et non juste pour amuser la galerie. Leurs adversaires justement, après avoir rencontré des jeunes de leur âge, il a vite fallu leur trouver des challengers un peu plus coriaces tant ils gagnaient avec trop de facilité.

Le plus impressionnant c’est de les voir jouer pieds nus et sans gardien de but alors qu’en face c’est tout l’inverse puisque crampons et dernier rempart sont autorisés. Et c’est là qu’on s’étonne de voir comment malgré leur âge et ces  »handicaps » ils arrivent à gagner et bien souvent par des scores lourds. Pourtant quand on y regarde de plus près, on comprend très vite que leur supériorité ne tient évidemment ni à leur petits muscles ni à leur taille mais bien à la philosophie de jeu qui leur est enseigner.

Un volume de préparation hors norme

Avec une charge de deux fois deux heures par jour, leur volume d’entraînement dépasse très largement celui des autres jeunes en Algérie et même celui des  »pros » de notre Division 1. On pourrait penser que ce rythme est épuisant, mais à voir l’envie chez ces petits, on comprend que ce n’est jamais assez pour eux. En fait tout est fait pour qu’ils se sentent bien, rien ne leur est imposé, en cas de saturation et de fatigue, on les laisse souffler. Le principe c’est l’envie et l’amour du jeu, mais le staff, mené par Olivier Guillou, est constamment à la recherche de la perfection.

L’attente est déjà énorme et pourtant le chemin est encore long pour ces futurs champions. Il ne faut surtout pas projeter sur eux l’avenir du football Algérien mais voir plutôt à travers l’exemple qu’ils constituent tout ce qu’on peut faire quand on donne aux jeunes les plus doués ce qu’il faut pour réussir.

Chaque jeudi, des centaines d’amateurs de football se rassemblaient au stade municipal de Hydra (Alger centre) pour admirer le jeu incroyable des jeunes joueurs aux pieds nus de l’Académie de Football JMG du Paradou Athletic Club. Âgés d’à peine 12 ou 14 ans, ceux que la presse Algérienne appelle les « virtuoses du ballon rond » sont rapidement devenus de véritables phénomènes, rassemblant dans les tribunes autant de monde que lors des grands matchs de première division et redonnant espoir en l’avenir du football algérien.

L’admiration des spectateurs, qui se déplacent parfois des wilayas limitrophes d’Alger, est d’autant plus grande que les jeunes du Paradou jouent pieds nus, sur terrain sec ou détrempé, et sans gardien de but. Les garçons du Paradou sont si bons que les joueurs de leurs catégories ne réussissent pas à leur tenir tête. Ils évoluent contre des équipes juniors, contre lesquelles ils s’imposent très souvent sur des scores impressionnants. C’est ainsi qu’ils ont battu l’USM Koléa 9 à 0, le NARB Réghaia 16 à 1 et le CRB 6 à 1.

Leurs admirateurs en restent muet. Les prouesses de ces jeunes footballeurs alimentent les discussions dans les bureaux, les cafés et les réunions familiales.

« Avec ces petits, on peut enfin espérer voir un jour l’Algérie devenir championne du monde de football. Leur jeu est un véritable régal pour les yeux. Fluide, discipliné et avec un talent incroyable, le joueur portant le numéro 8 est un magicien. Il n’a absolument rien à envier aux Zidane et autres Benzema », explique Madjid, un cadre d’une quarantaine d’année et grand amateur de football.

fc-paradou

Le programme a été lancé en 2007.

Jean-Marc Guillou est un ancien international français, capitaine de la sélection nationale lors de la Coupe du Monde 1978 en Argentine. Après avoir raccroché les crampons, il fonda l’école de football d’Abidjan, où il découvrit les frères Kolo et Yaya Touré, qui jouent aujourd’hui pour Arsenal et le FC Barcelone, avant d’ouvrir d’autres académies du football en Afrique et en Asie.

Un reportage de la télévision algérienne montre les garçons du Paradou à l’entraînement

Kerridine Zetchi est un fan du football algérien qui en avait assez, a-t-il expliqué à DZ Foot, d’attendre que le gouvernement se décide à aider les clubs à former de jeunes talents. En 2007, tous deux joignirent leurs forces pour ouvrir un centre de formation portant le nom de Guillou – l’Académie Paradou/JMG – et changer à tout jamais le visage du football algérien.

Les 16 premiers joueurs de l’Académie ont été consciencieusement choisis parmi 20 000 candidats venus des quatre coins du pays. Les responsables de l’école ont été enthousiasmés par leur sérieux et leur volonté d’apprendre. Mais il a fallu que ces jeunes s’adaptent à une exigence de l’école : pas de chaussures.

Les entraîneurs expliquent que jouer pieds nus répond à une volonté d’améliorer leur technique.

« Ce sont des garçons de 30 kilos ; leur ajouter des souliers, des chaussettes et des protège-tibias, cela les alourdirait », explique Olivier Guillou, le neveu du fondateur et directeur de l’académie d’Alger.

« De plus, ce n’est qu’ici que cela surprend », ajoute-t-il. « En Afrique, il est tout à fait normal que les joueurs de leur âge jouent pieds nus. Si l’on veut avoir un joueur doué techniquement, il doit jouer pieds nus, cela lui permet d’avoir une frappe de balle juste et précise et de bien sentir le ballon. »

L’absence de gardien de but est liée au fait que les dirigeants de l’académie ignorent encore la taille que feront les jeunes élèves dans quelques années. Il serait risqué de former des jeunes de cet âge à un poste aussi sensible.

Dans leur résidence – une villa située dans les faubourgs ouest d’Alger – les élèves sont réveillés à 7 heures, puis prennent le chemin du stade pour deux heures d’entraînement. Après quelques heures de cours et une sieste, ils reprennent l’entraînement jusqu’à 17 ou 18 heures. Après le dîner, ils poursuivent d’autres activités ou regardent la télévision jusqu’à l’extinction des feux, à 22 heures. Deux femmes veillent sur leur bien-être dans la villa, où se trouvent également un responsable de l’enseignement, un surveillant général et un chauffeur.

« C’est une véritable fraternité », explique l’entraîneur assistant Aich Djamel, qui veille sur les garçons 16 heures par jour. « Ils font pratiquement tout ensemble. »

Certains rêvent déjà de signer avec un club européen. « Si je suis au sein de cette académie, c’est parce que je suis ambitieux. Je travaille d’arrache-pied avec mes camarades pour être un bon footballeur », explique Abderaouf Benguit, originaire de Laghouat.

Madin Mohamed a été surnommé le prochain Zinedine Zidane

« Mon rêve est de jouer la Champion League avec le Real [Madrid], et je ferai tout pour y arriver », affirme-t-il à Magharebia.

Mais plus que tout, ces jeunes rêvent de revêtir le maillot algérien et de redorer le blason du football algérien. Une clause de leur contrat – qui dure dix ans – leur interdit de porter les couleurs d’un autre pays.

Le 6 février, une nouvelle vague de jeunes nés entre 1996 et 1998 a débuté l’entraînement à l’Académie du Paradou. « Leur nombre n’est pas limité. L’actuelle équipe en compte seize, mais si dans la prochaine, on en trouve quarante qui répondent à nos critères, on les prendra tous”, explique Olivier Guillou.

L’Académie peut accueillir quatre-vingts jeunes. La concurrence est rude.

« Ces jeunes rendent les gens heureux. Dans les gradins, il y a comme un air de fête », explique Said à Magharebia en accompagnant son fils à Hydra. « On ne trouve plus cela dans les stades. Il y a bien trop de violence, je ne peux même pas y emmener mes enfants. »

« Grâce à cette équipe », ajoute-t-il, « les Algériens renouent avec l’esprit du sport. »

« Je n’avais pas vu des gens aussi enthousiastes depuis 1982. »

Mais Said devra attendre pour savoir si son fils a été retenu. Les responsables de l’académie se contentent d’indiquer que la sélection finale sera annoncée « prochainement ».

Un jeune est déjà en passe de poursuivre une véritable carrière de star. Depuis que le quotidien britannique The Sun a présenté Madin Mohamed la semaine dernière, bloggeurs et fans de sport dans le monde entier qualifient ce jeune prodige de 6 ans de « prochain Zinedine Zidane ».

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